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Manual of Veterinary Echocardiology

Manual of Veterinary Echocardiography
June A. Boon

Bonjour et Bienvenue !

Où l'on découvre les tribulations d'un ch'ti, vétérinaire mixte, passionné par la médecine interne (beaucoup), où l'on parlera d'astrophysique et d'Aïkido (un peu), et certainement de plein d'autres choses (on verra).

Lundi 25 septembre 2006

Ouf ! Je trouve enfin 5 minutes pour poster la conclusion de ce cas. Je présente mes plus plates excuses pour ce retard (surtout à toi, Pascale, car je sais que tu t'es creusée les méninges sur ce chat), mais ces derniers jours ont été quelque peu fatigants.

Bien, commençons par la coupe transpapillaire. Effectivement, on ne voit plus la forme classique du champigon, et pour cause : le pilier postérieur est victime d'hypogénésie. Il est petit, comme tronqué. Par contre, le pilier antérieur a subi le phénomène inverse: il est hypertrophié, fibrosé (on remarque son hyperechogénicité). Le myocarde sous-jacent est hétérogène.

Ce qui est également visible, c'est la faible taille de la cavité ventriculaire. On observe (subjectivement) également un épaissisement du septum, surtout en regard du pilier hypertrophié (ceci était un peu mieux visible sur le TM, mais désolé, pas de photos).
Ce "faible remplissage" s'observe également sur les coupes grand axe, où on a l'impression d'avoir un coeur "un peu vide de sang". Cet élément a rendu l'échocardiographie très difficile, surtout les abords gauche. On y revient plus loin.

 

 

 

 

Pour cette coupe, nous sommes en fait juste après la fin de la systole atriale, au moment où la pression intraventriculaire surpasse la pression intra-atriale, alors que le ventricule commence à se mettre en tension (donc pour Pascale : nous sommes bien en télédiastole ventriculaire, juste au moment où le ventricule va se contracter, merci le ciné-loop).
On voit effectivement notre pilier se balader dans la cavité ventriculaire, les cordages sont très visibles, un peu épais, hyperéchogènes.

Si on regarde bien, le bord libre du feuillet antérieur mitral est trop long, et à priori aucun cordage ni est attaché.

 

 

 

 

 

 

On le voit mieux sur l'autre coupe, où le bord du FAM vient taper contre le petit bourrelet septal dû à l'épaississement focal.

Le rapport Ag/Ao était aux alentours de 1.

Le doppler mitral révélait une fuite mesurée à 1 m/s.

Effectivement, le fait d'avoir vu les images en mouvement permet de mieux appréhender la lésion, mais on pouvait déjà tirer pas mal de choses des images statiques 2D.

En conclusion, notre petit chat est atteint d'une dysplasie mitrale, avec anomalie du FAM et de l'implantation des cordages, et anomalies des piliers.
Rappelons que chez le chat, les dysplasies atrio-ventriculaires (mitrale en tête) sont les anomalies congénitales les plus fréquentes.

Bon, tout çà est bien beau, mais on aurait dû avoir un souffle d'insuffisance mitrale, donc plutôt sternal. Alors pourquoi ce souffle médiothoracique bien audible vient-il s'ajouter ?

Tout simplement parce que l'anomalie de la valve mitrale, couplée à l'hypertrophie septale, génère un Mouvement Antérieur Systolique de la valve (le Systolic Anterior Motion des anglais), lui-même responsable d'une obstruction dynamique de la chambre de chasse du ventricule gauche !

Faisons simple : en systole, le ventricule se contracte, le septum s'épaissit. Le flux du sang passant sur le feuillet libre trop long de la mitrale génére un mouvement de succion qui aspire le FAM vers le septum. Celui-ci crée un obstacle à l'éjection aortique. La fraction éjectée diminue. Le volume télédiastolique et le retour sanguin aussi (Franck Starling !!). Donc le coeur est moins rempli, ce qui se voit à l'écho (accès difficile). Comparativement, la fréquence cardiaque augmente pour maintenir le débit (d'où la tachycardie), et on note un remodelage concentrique, qui ne fait pas du bien aux piliers non plus !!

Théoriquement, cette obstruction dynamique se voit très bien au flux aortique, qui prend alors une forme en "lame de sabre", causée par la décélaration progressive de l'éjection. Ici, notre petit copain avait un coeur tout vide et une furieuse envie de danser la rhumba quand on le chatouillait à gauche, donc pas pu l'avoir !

Le diagnostic final est donc une obstruction dynamique de la chambre de chasse du ventricule gauche, causée par une dysplasie de l'appareil mitral.

par Laurent publié dans : Cardiologie
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Dimanche 17 septembre 2006

cat_0108Un chat mâle, européen, de 6 mois, est déposé à la clinique pour une castration.

L'examen clinique pré-anesthésique met en évidence un souffle systolique médiothoracique gauche, irradiant jusqu'à l'apex, d'intensité 3/6.
Le pouls fémoral est frappé sans plus mais synchrone. La fréquence cardiaque est à 200.

Ceci dit, l'animal a eu une croissance tout a fait normale, il pèse 3,2 kgs, et ne présente ni fatigabilité, ni essoufflement, ni syncope que ce soit à l'effort ou au repos. Les muqueuses sont roses et le TRC inférieur à 2 secondes.
Pour explorer ce souffle avant de réaliser une quelconque anésthésie, une échocardiographie est réalisée.

Les hypothèses diagnostiques sont en fait assez nombreuses : il peut s'agir d'un souffle innocent (bien que l'auscultation était constante sur plusieurs minutes), d'une CMH très précoce, d'une endocardite aortique générant une sténose (peu probable, vu l'état général du chat, mais j'en ai déjà vu passer des chroniques) et des anomalies congénitales suivantes : sténose aortique ou pulmonaire, canal artériel.
La CIV donne plutôt un souffle à droite (car elles sont essentiellement localisées à la partie membraneuse du septum, en position sous aortique). On peut supposer une CIV musculaire (bas du septum), qui donnerait un souffle à gauche, mais elles sont très rares.
Une communication interatriale peut donner également ce type de souffle.
Enfin, les anomalies complexes (trilogie, tétralogie de Fallot) peuvent également générer des souffles de localisation temporo-spatiales identiques).
Même si çà semble de prime abord l'hypothèse la moins évidente, ne laissons jamais de côté la dysplasie mitrale, notamment ici à cause de l'extension du souffle à l'apex. En effet, l'impression d'irradiation peut être donnée par un souffle à deux composantes.

par Laurent publié dans : Cardiologie
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Dimanche 10 septembre 2006

Bravo Pascale et Germi ! Effectivement, le coeur ne présente pas d'anomalies flagrantes évoquant l'existence d'une cardiomyopathie. La taille des ventricules et des atria est normale, la mitrale est impeccable, la chambre de chasse du ventricule gauche également.

Par contre, effectivement, on observe une masse d'échogénicité intermédiaire dans le médiastin crânial ventral.

Vu la situation, une radiographie face et profil du thorax après ponction était indiquée afin de visualiser cette masse et de correctement la localiser.

Puisque cette masse était bien visualisée à l'échographie, on a finalement décidé de faire une cytoponction échoguidée. La photo ci-dessous permt de visualiser l'aiguille dans la masse (c'est le trait hyperéchogène).

 

 

La cytologie réalisée a été assez... déroutante...

Aucun lymphocyte n'a été visualisé. Par contre, de nombreuses cellules à rapport nucléoplasmique élevé ont été visualisé, au cytoplasme granuleux, légèrement éosinophile, organisées en amas, parfois évoquant des acinis. Les noyaux étaient presque tous nucléolés, de nombreuses figures de mitose étaient observées.

L'hypothèse de lymphome a été écartée. Nous restait le thymome (mais on aurait vraisemblablement vu des lymphocytes), ou une tumeur thyroïdienne ectopique.

Une biopsie échoguidée ou une thoracoscopie ont été proposées aux propriétaires, qui ont refusé.

On a mis le chat sous marbofloxacine et prednisolone à 1 mg/kg pour commencer. Il est resté stable une semaine, plus actif, la dyspnée avait disparu. Il est mort brutalement chez ses propriétaires mardi 5 septembre.

Cette masse rejoint le sacro-saint musée des mystères de la médecine vétérinaire...

par Laurent publié dans : Cancérologie
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Vendredi 1 septembre 2006

Effectivement, pour ce chat, l'étape suivante est la thoracocentèse (il s'agit de ponctionner à l'aiguille l'épanchement pleural afin de : 1) soulager l'animal en évacuant un maximum de liquide et 2) réaliser quelques analyses simples sur le liquide d'épanchement pour préciser sa nature).

A partir de là, chacun sa propre manière de gérer les cas. Pour notre ami, avant toute chose, on a commencé par un bilan biochimique dont tous les paramètres étaient normaux, couplé à un test FeLV / FIV, qui était négatif pour les deux.

Voici donc l'aspect du liquide de thoracocentèse (il y en avait environ 350 ml en tout), et le résultat des analyses qu'on lui a appliqué :

Densité : 1.030 ; PT 24 g/L ; Cytologie : hématies +++, monocytes et lymphocytes ++, quelques neutrophiles.

Il s'agit donc d'un transsudat modifié. Les trois causes d'épanchement par transsudat modifié sont :

1) l'insuffisance cardiaque
2) une compression vasculaire (par exemple un syndrome veine cave crâniale)
3) un épanchement d'origine tumorale

Comme on a l'échographie à disposition, on n'hésite pas à vérifier le coeur et le médiastin.
Pour le coeur (il s'agit d'une coupe par abord parasternal droit grand axe 5 cavités un peu modifiée) :

(Abord parasternal droit petit axe transmitrale) :

Pour le médiastin crânial :

Qu'en déduisez-vous ? Que fait-on maintenant ?

par Laurent publié dans : Cancérologie
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Vendredi 1 septembre 2006

On s'amuse parfois d'un petit rien, on s'émerveille souvent pour pas grand chose. Mais ces moments de futilité sont des espaces de détente et de bien-être incommensurables...

Mercredi soir, nous étions tard à la clinique avec un de mes confrères, JP. En sortant, on a vu dans la pelouse un petit hérisson qui se baladait. Et hop, ni une ni deux, immortalisé pour la postérité !

Je suis heureux de, et je revendique cet état d'esprit de "gamin qui s'émerveille". Je pense qu'il est présent en chacun de nous, et qu'il peut nous aider à nous dépasser, ou du moins à être respectueux de ce qui nous entoure.

Alors, quand vous croiserez une petite bête, aussi futile fut-elle, n'oubliez pas que nous ne sommes finalement tous que des êtres sensibles... Alors admirez, émerveillez-vous, et respectez...

par Laurent publié dans : Etats d'esprit
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